Diarrhée du voyageur : comment la prévenir et quels traitements envisager

Diarrhée du voyageur : comment la prévenir et quels traitements envisager

La diarrhée du voyageur est l’un des problèmes de santé les plus fréquents lors de certains déplacements à l’étranger. La bonne nouvelle est que la plupart des épisodes sont bénins et guérissent spontanément en quelques jours

Publié le 10/09/2026

Quelques jours de vacances peuvent parfois être perturbés par des troubles digestifs : selles liquides, crampes abdominales, nausées ou besoin fréquent d’aller aux toilettes. La diarrhée du voyageur est l’un des problèmes de santé les plus fréquents lors de certains déplacements à l’étranger.

Elle est généralement liée à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par des microorganismes, notamment des bactéries, des virus ou des parasites.

La bonne nouvelle est que la plupart des épisodes sont bénins et guérissent spontanément en quelques jours. Mais une diarrhée importante peut entraîner une déshydratation et gâcher rapidement un séjour.

Alors, comment réduire le risque ? Que faut-il mettre dans sa trousse de voyage ? Quelle place donner aux probiotiques ? Et quand faut-il envisager un antidiarrhéique ou consulter un médecin ?

Qu’est-ce que la diarrhée du voyageur ?

La diarrhée du voyageur correspond à un épisode de diarrhée survenant pendant ou peu après un voyage, généralement à la suite de l’ingestion d’un aliment ou d’une boisson contaminée.

Elle peut être accompagnée de différents symptômes :

  • selles liquides ou très molles ;
  • augmentation de la fréquence des selles ;
  • crampes ou douleurs abdominales ;
  • ballonnements ;
  • nausées ;
  • vomissements ;
  • parfois une fièvre modérée.

La plupart des épisodes sont aigus et de courte durée.

La cause peut varier selon la destination, les conditions sanitaires et le microorganisme responsable. Il n’est donc pas possible de savoir simplement à partir des symptômes quel agent est en cause.

Pourquoi le risque est-il plus important pendant certains voyages ?

Le risque dépend notamment de la destination, des conditions d’hygiène et de la qualité de l’eau et des aliments.

Un voyageur peut également être exposé à des microorganismes auxquels son organisme n’est pas habitué.

Les aliments crus ou insuffisamment cuits, les produits laitiers non pasteurisés, certains fruits ou légumes mal lavés et l’eau contaminée peuvent notamment constituer des sources d’exposition.

Les précautions alimentaires et l’hygiène des mains restent donc les premières mesures de prévention.

Comment prévenir la diarrhée du voyageur ?

Aucune précaution ne permet de supprimer totalement le risque, mais certaines habitudes peuvent le réduire.

Boire une eau sûre

Privilégiez l’eau provenant d’une source fiable.

Selon la destination, cela peut signifier utiliser de l’eau en bouteille scellée ou une eau rendue potable par un procédé adapté.

Il faut également être attentif aux glaçons lorsqu’on ne connaît pas l’origine de l’eau utilisée pour les fabriquer.

Se laver régulièrement les mains

Le lavage des mains à l’eau et au savon est particulièrement important avant de manger et après être allé aux toilettes.

Lorsque le lavage des mains n’est pas possible, une solution hydroalcoolique peut être utile en complément.

Privilégier les aliments bien cuits

Les aliments servis très chauds et correctement cuits présentent généralement moins de risques que les aliments crus ou insuffisamment cuits.

Une attention particulière doit être portée aux viandes, poissons, fruits de mer et œufs.

Être prudent avec les aliments crus

Les crudités, salades, fruits déjà découpés ou aliments laissés longtemps à température ambiante peuvent présenter davantage de risques selon les conditions locales.

Lorsque cela est possible, préférez les fruits que vous pouvez peler vous-même.

Attention aux produits laitiers

Dans certaines destinations, vérifiez que les produits laitiers sont pasteurisés et correctement conservés.

Se méfier des aliments mal conservés

La chaleur favorise la multiplication de certains microorganismes. Un aliment qui a été mal conservé peut donc présenter un risque même s’il semble parfaitement normal.

Que mettre dans sa trousse de voyage ?

Une petite trousse dédiée aux troubles digestifs peut être utile, en particulier lorsque le voyage prévoit des déplacements dans des zones où l’accès aux soins ou aux pharmacies peut être limité.

Selon la destination et la situation du voyageur, elle peut notamment contenir :

  • des sachets de solution de réhydratation orale ;
  • un traitement symptomatique adapté contre la diarrhée ;
  • les traitements habituels du voyageur en quantité suffisante ;
  • éventuellement un probiotique si celui-ci est conseillé pour l’objectif recherché ;
  • du savon ou une solution hydroalcoolique.

Pour certains voyages, notamment dans des régions isolées ou difficiles d’accès, un médecin peut également prévoir un antibiotique à utiliser uniquement dans les situations définies à l’avance.

Un antibiotique destiné à l’automédication du voyageur doit donc être anticipé avec un professionnel de santé et ne doit pas être pris systématiquement en cas de diarrhée.

Que faire dès les premières selles liquides ?

Le premier objectif est de compenser les pertes en eau et en sels minéraux.

Une diarrhée entraîne une perte d’eau et d’électrolytes. Le risque principal est donc la déshydratation, particulièrement en cas de diarrhée abondante, de vomissements ou de forte chaleur.

Il est conseillé de boire régulièrement et, lorsque les pertes sont importantes, d’utiliser une solution de réhydratation orale.

Ces solutions apportent de l’eau et des électrolytes dans des proportions adaptées à la réhydratation.

La réhydratation est prioritaire sur la prise d’un antidiarrhéique ou d’un probiotique.

Les solutions de réhydratation orale : un indispensable

Les solutions de réhydratation orale, souvent disponibles en sachets en pharmacie, sont particulièrement utiles lorsque la diarrhée est importante.

Elles permettent de remplacer une partie de l’eau et des sels minéraux perdus dans les selles.

Il est important de respecter les indications de préparation figurant sur le sachet, notamment la quantité d’eau nécessaire.

Une solution trop concentrée ou trop diluée n’a pas la même composition et ne doit pas être improvisée.

Chez l’enfant, la prévention et la prise en charge de la déshydratation sont particulièrement importantes.

Peut-on manger lorsqu’on a la diarrhée du voyageur ?

Il n’est généralement pas nécessaire de rester complètement à jeun.

Lorsque l’appétit est présent, une alimentation simple et bien tolérée peut être poursuivie.

Il peut être préférable de privilégier temporairement des aliments faciles à digérer et d’éviter les repas très gras ou très épicés s’ils aggravent les symptômes.

Chez le jeune enfant, l’alimentation habituelle et l’allaitement doivent autant que possible être poursuivis, parallèlement à une réhydratation adaptée.

Le lopéramide peut-il être utilisé ?

Le lopéramide est un médicament qui ralentit le transit intestinal et diminue la fréquence des selles.

Il peut être utile chez l’adulte pour soulager temporairement une diarrhée aiguë, notamment lorsqu’il est important de pouvoir voyager ou se déplacer.

Il ne traite cependant pas la cause de la diarrhée.

Le lopéramide ne doit pas être utilisé en cas de sang dans les selles ou de fièvre importante sans avis médical.

Il convient également de respecter les doses et les durées d’utilisation recommandées et de tenir compte des contre-indications et précautions figurant dans la notice.

Chez l’enfant, son utilisation est plus encadrée et doit être adaptée à l’âge. Chez les jeunes enfants, la priorité est la réhydratation et l’avis d’un professionnel de santé.

Et les autres traitements symptomatiques ?

D’autres produits peuvent être proposés pour accompagner une diarrhée aiguë, selon la situation.

Certains traitements ont une action principalement symptomatique et peuvent contribuer à réduire les selles ou à protéger la muqueuse digestive.

Ils ne doivent toutefois pas faire oublier la mesure essentielle : boire suffisamment et prévenir la déshydratation.

Il est préférable de demander conseil au pharmacien avant d’associer plusieurs produits contre la diarrhée.

Faut-il prendre un antibiotique en cas de diarrhée du voyageur ?

Non, pas systématiquement.

De nombreux épisodes de diarrhée du voyageur sont spontanément résolutifs et ne nécessitent pas d’antibiotique.

Un antibiotique peut toutefois être envisagé dans certaines diarrhées plus importantes ou particulièrement invalidantes, selon la situation et la destination.

Le choix de l’antibiotique dépend notamment des bactéries susceptibles d’être impliquées et des résistances présentes dans la région visitée.

L’antibiotique doit donc être utilisé selon les recommandations du médecin ou du professionnel de santé qui l’a prescrit.

Il ne faut pas utiliser un ancien antibiotique conservé dans l’armoire à pharmacie, ni acheter un antibiotique au hasard pendant le voyage.

Pourquoi éviter l’antibiothérapie systématique ?

Les antibiotiques sont inutiles contre certaines causes de diarrhée, notamment lorsqu’elle est d’origine virale.

Ils peuvent également provoquer des effets indésirables et favoriser l’apparition de résistances bactériennes.

Enfin, une prise d’antibiotique peut elle-même perturber le microbiote intestinal.

Un antibiotique est donc un traitement ciblé, pas un traitement automatique de toute diarrhée du voyageur.

Quelle place pour les probiotiques dans la diarrhée du voyageur ?

Les probiotiques sont souvent proposés aux voyageurs avant ou pendant leur séjour afin de réduire le risque de diarrhée.

Cette utilisation peut sembler logique puisque les probiotiques peuvent interagir avec le microbiote intestinal.

Cependant, les données disponibles ne permettent pas de considérer les probiotiques comme une prévention garantie de la diarrhée du voyageur.

Certaines études ont montré des résultats encourageants, mais les résultats globaux restent variables.

Cette variabilité s’explique notamment par les différences entre les souches utilisées, les doses et les populations étudiées.

Le choix d’un probiotique ne doit donc pas être présenté comme une protection certaine contre la diarrhée du voyageur.

Peut-on prendre un probiotique en prévention ?

Certaines personnes souhaitent essayer un probiotique avant le départ, notamment lorsqu’elles ont déjà connu des troubles digestifs lors d’un voyage.

Cela peut être envisagé dans une démarche de confort digestif, mais il faut garder à l’esprit que l’efficacité préventive n’est pas garantie.

Si un probiotique est choisi, il est préférable de sélectionner une référence dont les souches ont été étudiées pour l’objectif recherché.

Le nombre de milliards d’UFC ou le nombre de souches ne suffit pas à déterminer son intérêt.

Et pendant la diarrhée ?

Certaines souches probiotiques ont également été étudiées dans les épisodes de diarrhée aiguë.

Leur éventuel intérêt dépend toutefois de la souche et du contexte.

Un probiotique peut donc éventuellement être utilisé en complément, mais il ne doit jamais remplacer la réhydratation.

À lire également : Probiotiques et diarrhée : lesquels choisir et comment les utiliser ?

Probiotiques et antibiotiques : une situation particulière

Lorsqu’un antibiotique est utilisé pour traiter une diarrhée du voyageur, la question du probiotique peut également se poser.

Certaines souches probiotiques ont été étudiées pour accompagner la prévention de la diarrhée associée aux antibiotiques.

Mais, là encore, les effets sont spécifiques des souches et ne peuvent pas être généralisés à tous les probiotiques.

Lorsqu’un probiotique bactérien est utilisé avec un antibiotique, il est généralement préférable de respecter un espacement entre les deux prises, selon les recommandations du produit.

À lire également : Probiotiques et antibiotiques : lesquels choisir et comment les prendre ?

Faut-il prendre du charbon activé ?

Le charbon activé est parfois proposé comme solution « naturelle » contre les troubles digestifs du voyageur.

Il ne dispose cependant pas de preuves solides permettant de le considérer comme un traitement efficace de la diarrhée du voyageur.

Il peut par ailleurs adsorber certains médicaments et diminuer leur absorption.

Il ne doit donc pas être utilisé à la place de la réhydratation ou d’un traitement adapté.

Peut-on prévenir la diarrhée du voyageur avec un traitement avant le départ ?

Chez la plupart des voyageurs, la prévention repose avant tout sur les mesures d’hygiène alimentaire et sur la préparation d’une trousse de voyage adaptée.

La prise préventive systématique d’antibiotiques n’est généralement pas recommandée.

Elle peut être envisagée dans des situations très particulières chez des personnes présentant un risque élevé de complications, après avis médical.

Pour la majorité des voyageurs, prendre un antibiotique « au cas où » n’est donc pas une bonne stratégie.

Que faire si la diarrhée apparaît pendant un vol ou un trajet ?

Une diarrhée du voyageur peut être particulièrement gênante lors d’un trajet en avion, en train ou en excursion.

Pour limiter les difficultés, il peut être utile de garder les produits essentiels dans son bagage facilement accessible plutôt que dans une valise enregistrée.

Une solution de réhydratation orale, de l’eau sûre et, lorsqu’il est adapté à la situation, un traitement symptomatique peuvent être utiles.

Si la diarrhée est accompagnée de sang, d’une forte fièvre, de vomissements importants ou de signes de déshydratation, il ne faut pas simplement chercher à bloquer les selles pour poursuivre le voyage : un avis médical est nécessaire.

Quand faut-il consulter pendant le voyage ?

La majorité des diarrhées du voyageur restent bénignes. Certains symptômes doivent cependant conduire à consulter rapidement.

Il est notamment recommandé de demander un avis médical en cas de :

  • sang dans les selles ;
  • fièvre importante ;
  • douleurs abdominales importantes ou inhabituelles ;
  • vomissements empêchant de boire correctement ;
  • signes de déshydratation ;
  • diarrhée très abondante ou particulièrement invalidante ;
  • altération importante de l’état général ;
  • symptômes qui persistent ou s’aggravent malgré les mesures prises.

Une vigilance particulière est nécessaire chez les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes présentant certaines maladies chroniques ou une fragilité particulière.

Que faire si la diarrhée persiste après le retour ?

La plupart des diarrhées du voyageur disparaissent en quelques jours.

Lorsque les symptômes persistent au-delà de plusieurs jours ou réapparaissent après le retour, il peut être nécessaire de rechercher une cause infectieuse particulière.

Une diarrhée qui dure deux semaines ou davantage nécessite une évaluation médicale, notamment pour rechercher certaines infections parasitaires ou une autre cause digestive.

Une diarrhée persistante après un voyage ne doit donc pas être traitée indéfiniment par des antidiarrhéiques ou des compléments alimentaires.

Diarrhée du voyageur : le conseil du pharmacien avant le départ

La préparation du voyage est le meilleur moment pour anticiper les troubles digestifs.

Le pharmacien peut notamment vérifier :

  • la destination et les conditions du voyage ;
  • la durée du séjour ;
  • l’âge du voyageur ;
  • les traitements habituels ;
  • les éventuelles maladies chroniques ;
  • les antécédents de diarrhée du voyageur ;
  • la composition de la trousse de premiers soins.

Il peut également conseiller les solutions de réhydratation orale, vérifier les modalités d’utilisation d’un antidiarrhéique et, lorsque cela est pertinent, discuter de la place d’un probiotique.

Pour certains voyages à risque ou certaines personnes fragiles, une consultation médicale avant le départ peut être recommandée.

Diarrhée du voyageur : ce qu’il faut retenir

  • La diarrhée du voyageur est généralement liée à l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés.
  • L’hygiène des mains et les précautions alimentaires restent les principales mesures de prévention.
  • En cas de diarrhée, la priorité est de prévenir la déshydratation grâce à une hydratation adaptée et, si nécessaire, aux solutions de réhydratation orale.
  • Le lopéramide peut soulager temporairement certaines diarrhées aiguës chez l’adulte, mais il ne doit pas être utilisé dans certaines situations, notamment en présence de sang dans les selles ou de fièvre importante.
  • Les antibiotiques ne sont pas nécessaires pour toutes les diarrhées et doivent être réservés à certaines situations.
  • Les probiotiques peuvent être envisagés en complément, mais leur efficacité préventive contre la diarrhée du voyageur n’est pas suffisamment établie pour garantir une protection.
  • Le choix d’un probiotique dépend de la souche, de la dose et de l’objectif recherché, et non simplement du nombre de milliards d’UFC.
  • Les enfants, les personnes âgées et les personnes fragiles nécessitent une vigilance particulière face au risque de déshydratation.
  • Une diarrhée avec sang, forte fièvre, déshydratation, douleurs importantes ou persistant après le voyage nécessite un avis médical.

Vous préparez votre trousse de voyage ? Retrouvez également notre article Probiotiques et diarrhée : lesquels choisir et comment les utiliser ? et notre guide consacré aux probiotiques et antibiotiques.

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