À l’approche de l’hiver ou lors des périodes de fatigue, la question de l’immunité revient souvent au comptoir de la pharmacie. Les probiotiques sont parfois proposés pour accompagner les défenses naturelles de l’organisme
À l’approche de l’hiver ou lors des périodes de fatigue, la question de l’immunité revient souvent au comptoir de la pharmacie. Les probiotiques sont parfois proposés pour accompagner les défenses naturelles de l’organisme.
Cette approche repose notamment sur les nombreuses interactions entre le microbiote intestinal et le système immunitaire.
Mais peut-on vraiment dire que les probiotiques « renforcent l’immunité » ? Tous les probiotiques ont-ils le même effet ? Et comment choisir une référence adaptée ?
Comme pour les autres indications, les éventuels bénéfices des probiotiques sur l’immunité dépendent de la souche, de la dose, de la formulation et de la situation étudiée.
Quel est le lien entre microbiote et système immunitaire ?
Le microbiote intestinal est constitué de nombreux microorganismes qui vivent en interaction avec l’organisme.
Une grande partie du système immunitaire se trouve au niveau du tube digestif. Le microbiote intestinal participe ainsi à un environnement dans lequel les cellules immunitaires et les microorganismes communiquent en permanence.
Cette interaction contribue notamment au développement et au fonctionnement des mécanismes de défense de l’organisme.
Le microbiote joue donc un rôle dans l’équilibre immunitaire, mais cela ne signifie pas que plus de bactéries ou plus de probiotiques entraîne automatiquement une meilleure immunité.
Le système immunitaire est complexe et dépend de nombreux facteurs : alimentation, sommeil, activité physique, âge, stress, antécédents et état de santé général.
Les probiotiques peuvent-ils renforcer les défenses naturelles ?
Certaines souches probiotiques ont été étudiées pour leur influence potentielle sur différents paramètres liés à l’immunité.
Des recherches ont notamment porté sur la fréquence ou la durée de certaines infections courantes, en particulier les infections respiratoires bénignes dans certaines populations.
Les résultats obtenus sont toutefois variables selon les études et les microorganismes utilisés.
On ne peut donc pas considérer qu’un probiotique renforce de manière générale les défenses immunitaires de toutes les personnes.
Il est plus juste de dire que certaines souches peuvent avoir un effet favorable sur certains paramètres immunitaires ou certaines infections dans des situations précises.
Pourquoi tous les probiotiques n’ont-ils pas le même effet sur l’immunité ?
Les probiotiques regroupent des microorganismes très différents.
Deux produits peuvent contenir des bactéries appartenant au même genre ou à la même espèce et présenter pourtant des caractéristiques différentes.
Lorsqu’un effet a été observé dans une étude, il est généralement associé à une souche précise ou à une formulation précise.
Un résultat obtenu avec une souche ne peut donc pas être automatiquement attribué à tous les probiotiques.
La souche
La souche constitue l’un des principaux critères à prendre en compte.
Le nom du genre et de l’espèce ne suffit pas toujours à identifier précisément le microorganisme utilisé dans les études.
Pour choisir un produit, il est donc préférable de regarder quelles souches sont réellement présentes et pour quel objectif elles ont été étudiées.
La dose
La quantité de microorganismes est généralement exprimée en UFC, pour unités formant colonie.
Il n’existe pas de dose universelle applicable à tous les probiotiques.
Un produit contenant davantage de milliards d’UFC n’est donc pas nécessairement plus efficace sur l’immunité.
Le nombre de souches
Une formule contenant de nombreuses souches n’est pas automatiquement supérieure à une formule plus simple.
Chaque souche possède ses propres caractéristiques et les bénéfices observés dans les études dépendent de leur composition précise.
Le nombre de souches ne doit donc pas être utilisé comme seul critère de choix.
Les probiotiques peuvent-ils aider pendant l’hiver ?
L’hiver est souvent associé à une augmentation de certaines infections respiratoires, notamment dans les collectivités et les environnements où les contacts entre personnes sont nombreux.
Certains probiotiques ont été étudiés dans le contexte des infections respiratoires courantes et pourraient avoir un intérêt dans certaines populations.
Les résultats restent cependant variables et ne permettent pas de garantir qu’un probiotique empêchera de tomber malade.
Un probiotique ne remplace donc ni les mesures d’hygiène, ni la vaccination lorsqu’elle est recommandée, ni une alimentation équilibrée, ni une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.
Probiotiques et infections respiratoires : que peut-on attendre ?
Certaines études ont évalué des probiotiques chez des enfants ou des adultes présentant des infections respiratoires courantes.
Selon les études, différents critères ont été analysés : fréquence des épisodes, durée des symptômes ou recours à certains traitements.
Les résultats ne sont toutefois pas suffisamment homogènes pour considérer tous les probiotiques comme équivalents dans cette indication.
Il faut donc éviter les formulations telles que « protège contre les infections » ou « empêche de tomber malade ».
Le rôle éventuel d’un probiotique doit être présenté comme un accompagnement et non comme une garantie de prévention.
Et chez les enfants ?
Le microbiote et le système immunitaire évoluent au cours de l’enfance.
Certaines souches probiotiques ont été étudiées dans différentes situations chez l’enfant, notamment dans le domaine des infections digestives ou respiratoires.
Mais là encore, les résultats dépendent de la souche et de l’indication.
Un probiotique destiné à un adulte n’est pas automatiquement adapté à un enfant.
L’âge recommandé, la formulation et la dose doivent être vérifiés avant utilisation.
À lire également : Probiotiques pour les enfants : lesquels choisir et quand les utiliser ?
Faut-il prendre des probiotiques toute l’année pour son immunité ?
Il n’existe pas de principe général selon lequel tout le monde devrait prendre des probiotiques en continu pour maintenir ses défenses naturelles.
L’intérêt éventuel d’une supplémentation dépend de l’objectif recherché et du produit utilisé.
Une prise ciblée peut être plus cohérente qu’une consommation systématique et prolongée sans objectif précis.
Le fait qu’un produit soit un probiotique ne signifie donc pas qu’il doit être pris en permanence.
Immunité : les habitudes restent essentielles
Le fonctionnement du système immunitaire dépend de nombreux facteurs et ne peut pas être résumé à la prise d’un complément alimentaire.
Une alimentation variée
Une alimentation diversifiée apporte les nutriments nécessaires au fonctionnement normal de l’organisme et du système immunitaire.
Les fruits, légumes, légumineuses, céréales complètes et différentes sources de protéines peuvent notamment contribuer à une alimentation équilibrée.
Un sommeil suffisant
Le sommeil joue un rôle important dans l’équilibre général de l’organisme.
Des horaires de sommeil réguliers et adaptés aux besoins de chacun participent ainsi à une bonne hygiène de vie.
Une activité physique régulière
L’activité physique régulière contribue au maintien d’une bonne santé générale.
Une bonne hygiène
Le lavage régulier des mains et les mesures d’hygiène adaptées restent des moyens essentiels pour limiter la transmission de nombreuses infections.
Les vaccinations recommandées
Lorsqu’elles sont recommandées, les vaccinations constituent un moyen majeur de prévention de certaines infections.
Aucun probiotique ne remplace une vaccination.
Probiotiques et alimentation : faut-il aussi penser aux prébiotiques ?
Les probiotiques ne sont qu’un élément parmi les nombreux facteurs qui influencent le microbiote.
Les prébiotiques sont des substances utilisées sélectivement par certains microorganismes et peuvent contribuer à leur développement.
Ils sont naturellement présents dans différents aliments riches en fibres.
Une alimentation variée et suffisamment riche en fibres constitue donc également un moyen de soutenir la diversité du microbiote.
Une augmentation très rapide des fibres peut toutefois provoquer des ballonnements ou une gêne digestive chez certaines personnes.
À lire également : Prébiotiques, probiotiques et symbiotiques : quelles différences ?
Faut-il prendre un probiotique dès les premiers symptômes d’un rhume ?
Un probiotique n’est pas un médicament destiné à traiter un rhume ou une infection respiratoire aiguë.
Les études portant sur l’immunité évaluent généralement une utilisation dans un contexte précis et avec des souches déterminées.
Il ne faut donc pas considérer qu’un probiotique pris dès l’apparition d’un symptôme guérira plus rapidement une infection.
En cas de symptômes importants ou persistants, il convient de rechercher la cause et d’utiliser les traitements adaptés à la situation.
Peut-on associer plusieurs probiotiques pour renforcer l’effet ?
Associer plusieurs produits n’est pas nécessairement plus efficace.
Chaque référence peut contenir des souches différentes, parfois avec des doses et des formulations différentes.
Multiplier les probiotiques rend également plus difficile l’identification de celui qui pourrait avoir un intérêt.
Une approche ciblée est généralement préférable à l’accumulation de plusieurs compléments.
Les erreurs à éviter
Penser qu’un probiotique « booste » forcément l’immunité
Les effets éventuels sont liés à certaines souches et à certaines situations. Ils ne peuvent pas être généralisés à tous les probiotiques.
Choisir le produit contenant le plus de milliards d’UFC
Une dose plus élevée ne signifie pas automatiquement une meilleure efficacité.
Choisir uniquement une formule contenant de nombreuses souches
Le nombre de souches ne permet pas, à lui seul, de déterminer la pertinence d’un produit.
Prendre des probiotiques en continu sans objectif précis
Une supplémentation systématique n’est pas nécessaire chez tout le monde.
Remplacer les mesures de prévention par un complément
Sommeil, alimentation équilibrée, activité physique, hygiène et vaccinations recommandées restent essentiels.
Qui doit demander conseil avant de prendre un probiotique ?
Les probiotiques sont généralement bien tolérés chez les personnes en bonne santé, mais certaines situations nécessitent davantage de prudence.
Un avis médical ou pharmaceutique est notamment recommandé avant utilisation chez les personnes présentant :
- une maladie importante ou chronique ;
- une fragilité particulière du système immunitaire ;
- une hospitalisation récente ou en cours ;
- un état de santé général très altéré ;
- un traitement médical complexe.
Chez le nourrisson, l’enfant, la femme enceinte ou allaitante, le choix du produit doit également tenir compte de l’âge ou de la situation particulière.
Quand faut-il consulter plutôt que prendre un probiotique ?
Les probiotiques ne doivent pas retarder une consultation lorsqu’une personne présente des symptômes importants ou inhabituels.
Il est notamment recommandé de demander un avis médical en cas de :
- fièvre importante ou persistante ;
- difficultés respiratoires ;
- altération importante de l’état général ;
- symptômes qui s’aggravent rapidement ;
- infection récidivante ou particulièrement sévère ;
- symptômes persistants malgré les mesures habituelles.
Chez les personnes fragiles ou immunodéprimées, le seuil pour demander un avis médical doit être plus bas.
Probiotiques et immunité : le conseil du pharmacien
Lorsqu’une personne recherche un probiotique pour soutenir ses défenses naturelles, le conseil du pharmacien permet de remettre la demande dans son contexte.
Il peut notamment être utile de préciser :
- l’objectif recherché : prévention, confort digestif ou autre ;
- l’âge de la personne ;
- les infections ou troubles rencontrés habituellement ;
- les traitements en cours ;
- les probiotiques ou compléments déjà utilisés ;
- la présence éventuelle d’une fragilité ou d’une situation médicale particulière.
Ces éléments permettent de déterminer si un probiotique est pertinent et, si nécessaire, de choisir une référence dont les caractéristiques correspondent au besoin recherché.
Probiotiques et immunité : ce qu’il faut retenir
- Le microbiote intestinal entretient de nombreuses interactions avec le système immunitaire.
- Certaines souches probiotiques ont été étudiées pour leur influence sur certains paramètres de l’immunité ou certaines infections.
- Les effets éventuels sont spécifiques des souches et des situations étudiées.
- Il n’existe pas de probiotique universel permettant de « booster » les défenses immunitaires.
- Le nombre de milliards d’UFC ou de souches ne suffit pas à déterminer l’efficacité d’un produit.
- Les probiotiques ne remplacent ni une alimentation équilibrée, ni un sommeil suffisant, ni les mesures d’hygiène, ni les vaccinations recommandées.
- Une utilisation systématique et prolongée n’est pas nécessaire chez tout le monde.
- Chez les personnes fragiles ou immunodéprimées, un avis professionnel est particulièrement important.
- Des symptômes importants ou inhabituels doivent conduire à consulter plutôt qu’à multiplier les compléments.
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